
Les oiseaux Dans la MYTHOLOGIE ... ET LES FABLES
La création du monde
A l'origine, rien n'avait de forme dans l'univers. Tout était confondu et on ne distinguait pas la terre du ciel ni de la mer. Cet abîme brumeux s'appelait le chaos.
Une puissance mystérieuse, un dieu peut-être, s'en mêla et entreprit d'y mettre de l'ordre. Il commença par rassembler de quoi façonner le disque terrestre, puis il le suspendit dans le vide. Au-dessus, il creusa la voûte céleste qu'il remplit d'air et de lumière.
Des plaines verdoyantes s'étalèrent alors à la surface de la terre et des montagnes rocheuses se dressèrent au-dessus des vallées.
Le flot des mers vint ceinturer les rivages. Obéissant au commandement divin, les eaux pénétrèrent dans les bassins pour former des étangs. Des torrents dévalèrent les pentes et des fleuves serpentèrent entre les talus.
Ainsi furent créées les parties essentielles de notre monde. Elles n'attendaient plus que leurs habitants.
Les astres et les dieux allaient bientôt occuper le ciel, puis, dans les fonds marins, les poissons aux luisantes écailles éliraient domicile.
L'air serait réservé aux oiseaux et la terre à toutes les autres bêtes encore sauvages.
Fables :
L’Oiseau blessé d'une flèche (Jean de La Fontaine)
L’aigle
Mythologie
Zeus (romain. Jupiter) est le dieu du Ciel et de la Foudre. Il est aussi le père des dieux. Il a pour symbole l'aigle. L’attribut de Zeus (Jupiter), les foudres, est transporté par un aigle entre ses serres.
Horus, le dieu égyptien du Soleil, est représenté avec une tête d'aigle ou de faucon.
L'aigle est également devenu l'attribut de saint Jean l'Évangéliste.
Dans la tradition indienne, il est associé à Vishnu.
Dans la mythologie antique et l'iconographie chrétienne, l'aigle est le messager des Dieux et des Cieux ainsi que le psychopompe accompagnant les morts vers l'Olympe ou les Cieux.
Historiquement, l'aigle devînt l'emblème impérial des Césars et de nations puissantes (Empire romain, germanique, autrichien ou français).
Prométhée (un des Titans qui déroba le feu aux dieux pour le donner aux hommes) fut enchaîné par Zeus au sommet du Caucase où un aigle lui rongeait le foie (un foie qui renaissait toujours car Prométhée était immortel). Héraclès mit fin au supplice en tuant l'aigle.
Ganymède, jeune berger troyen aimé de Zeus qui l'emmena sur l'Olympe où il servit d'échanson des dieux (il leur servait à boire). Pour l'enlever, Zeus avait pris la forme d'un aigle.
Le Griffon : Animal fabuleux possédant le corps du lion et la tête et les ailes de l'aigle.
Le Sphinx : Animal fabuleux possédant une tête de femme, un corps de lion, une queue de dragon et des ailes d'aigle.
Hippogriffe : Animal fabuleux ayant le corps du cheval et la tête et les ailes de l'aigle.
Superstitions
Roi des oiseaux, il est seul capable de fixer le soleil.
L'aigle est pour le chrétien symbole de la Résurrection.
Contes et fables privilégient au contraire l'image peu sympathique de l'aigle ravisseur d'enfants.
Son sang donne vigueur et bravoure à qui le boit.
Le vieil aigle vole si haut qu'il brûle ses plumes et en tombant dans l'eau retrouve sa jeunesse, tout comme le phénix qui se consume pour renaître à nouveau.
Il est l'ennemi du serpent qui incarne le mal.
Quiconque vole ses oeufs ne connaîtra jamais la paix de l'âme.
Son vol a été interprété par les anciens. On dit que ceux qu'il survole sont voués à une mort proche. De même, le cri de l'aigle annonce un décès imminent.
Cloué contre la porte d'une étable, il éloigne les mauvais esprits.
Sa cervelle, réputée "chaude et chaleureuse", donne des illusions fantastiques à celui qui la mange.
Sa puissance est si grande que ses plumes mêlées à celles d'autres oiseaux les brûlent et les gâtent.
Fables :
L'Aigle et le Renard (Ésope)
Un aigle et un renard, ayant fait amitié ensemble, décidèrent d'habiter l'un près de l'autre, dans la pensée que la cohabitation affermirait leur liaison. Et alors l'aigle prenant son essor s'établit sur un arbre très élevé et y fit sa couvée, tandis que le renard, se glissant dans le buisson qui était au pied de l'arbre, y déposa ses petits.
Mais un jour que le renard était sorti pour chercher pâture, l'aigle à court de nourriture fondit sur le buisson, enleva les renardeaux et s'en régala avec ses petits. A son retour, le renard, voyant ce qui s'était passé, fut moins affligé de la mort de ses petits que de l'impossibilité de se venger ; en effet il ne pouvait, lui quadrupède, poursuivre un volatile. Il dut se contenter, seule ressource des impuissants et des faibles, de maudire son ennemi de loin. Or il arriva que l'aigle ne tarda pas à subir la punition de son crime contre l'amitié. Des gens sacrifiaient une chèvre à la campagne ; l'aigle fondit sur l'autel, y ravit un viscère enflammé et l'apporta dans son nid. Or un vent violent s'étant mis à souffler fit flamber un vieux fétu, et par suite les aiglons furent brûlés, car ils étaient encore hors d'état de voler, et ils tombèrent sur le sol.
Le renard accourut et sous les yeux de l'aigle les dévora tous.
Si vous trahissez l'amitié, vous pourrez peut-être vous soustraire à la vengeance de vos dupes, si elles sont faibles ; mais qu'en tout cas vous n'échapperez pas à la punition du ciel.
L'Aigle et l'Escarbot (Jean de La Fontaine)* voir les différentes versions
L'Aigle, la Laie et la Chatte (Jean de La Fontaine) * voir les différentes versions
Le Corbeau voulant imiter l'Aigle (Jean de La Fontaine)
La chouette
Mythologie :
Animal sacré d'Athéna : Déesse de la Sagesse, des Sciences et des Arts, elle incarne la sagesse et l'intelligence.
Superstitions :
Sa vie nocturne l'apparente aux rapaces, compagnons des sorcières.
Son cri est le plus souvent interprété comme un présage de malheur.
Si elle se pose sur le toit d'une maison, il faut la pendre la tête en bas après l'avoir liée pattes et ailes pour éloigner le danger.
Quiconque regarde dans un nid de chouettes devient morose et malheureux à vie.
Quand on entend son cri, il faut jeter du sel dans le feu.
Au pays de Galles, le hululement de la chouette annonce qu'une jeune fille vient de perdre sa virginité. En France, il annonce la venue d'une fille à une femme enceinte. Mais le hululement à la pleine Lune présage l'agonie.
Si l'on place le cœur et le pied droit d'une chouette sur un dormeur, celui-ci dit tout ce que l'on veut l'entendre dire.
Clouées sur la porte d'une grange la chouette éloigne le malheur.
En Bretagne, quand les chouettes chantent, c'est signe de beau temps.
Fables :
Les Souris et le Chat-huant (Jean de La Fontaine)
La cigogne
La Gratitude ou Reconnaissance est représentée sous la figure d'une femme qui tient d'une main un rameau de fèves ou de lupins, et de l'autre une cigogne, oiseau qui, dit-on, a soin de ses parents dans leur vieillesse.
Antigone osa suggérer que sa chevelure était plus belle que celle d’Hera. Malheureusement pour elle, la déesse entendit l’affirmation. Fâchée, elle transforma la chevelure d’Antigone en un paquet de serpents.
Les dieux prirent Antigone en pitié et ils la transformèrent en cigogne, un oiseau qui mange les serpents.
Fables :
Le loup et la cigogne (Jean de La Fontaine)* voir les différentes versions
Le Renard et la Cigogne (Jean de La Fontaine)* voir les différentes versions
La colombe
Personnage de légende d’Assyrie, Sémiramis serait née de l’union d’un mortel et de la déesse Derketô. Exposée à sa naissance, Sémiramis aurait été nourrie par des colombes jusqu’à ce qu’un berger l’eût recueillie. Devenue reine d’un immense empire, elle fonda Babylone et de nombreuses autres cités. Son activité conquérante fit d’elle la maîtresse de l’Egypte et de l’Ethiopie, mais elle fut arrêtée et vaincue sur l’Indus par le roi Stratobatès. Elle cessa alors toute activité coloniale. Apprenant que son fils conspirait contre elle, Sémiramis abdiqua. A sa mort, la légende veut qu’elle se métamorphosa en colombe.
Les peuples sémites d’Orient assimilaient la colombe à la déesse Astarté ; le symbole fut repris ensuite dans la mythologie grecque. Des colombes étaient gardées dans les sanctuaires de Cythère et Paphos d’Aphrodite, par extension cet oiseau devint le symbole de son amant Adonis et d’Eros (la colombe représentait la sublimation de l’instinct). L’oiseau sacré d’Aphrodite était aussi offert en cadeau par les amants. Loin d’être seulement des animaux sacrés et emblématiques, les colombes jouaient un rôle particulier dans certains oracles. Les prêtresses qui prophétisaient dans le bois sacré de Dodone étaient appelées Péléiades (Peliai : colombes) depuis qu’une colombe noire s’était posée sur un chêne, signe qui indiquait qu’il fallait en cet endroit fonder un sanctuaire. Le chêne en question fut consacré à Zeus et les colombes de Dodone associées à la grande Déesse Tellurique. Devoucoux ajoute qu’en Grèce la colombe était associée à l’harmonie, et au nombre huit qui en est le symbole.
"Ma colombe" était dans l’antiquité un petit nom érotique qui désignait la bien-aimée et parfois de façon contradictoire un sobriquet pour les filles vénales. Dans la Rome antique, la chair de la colombe était consommée bien qu’elle fût l’oiseau de Vénus. Les romains considéraient d’autre part que les oeufs de la colombe étaient aphrodisiaques. On pensait aussi que les colombes n’avaient pas de bile et que c’est pour cette raison qu’elles étaient pacifiques ! Il faudrait ajouter que l’on prétendait qu’elles mangeaient des plantes médicinales et que par conséquent leur chair, leurs viscères et leur sang avaient un effet thérapeutique. On utilisait d’autre part des fientes de colombes pour préparer des pansements !
Aphrodite (Vénus) présidait aux mariages, même aux naissances, mais particulièrement à la galanterie. On lui consacra, parmi les fleurs, la rose ; parmi les fruits, la pomme et la grenade ; parmi les arbres, le myrte ; parmi les oiseaux, le cygne, le moineau et surtout la colombe.
Pléiade: Ce sont sept soeurs: Maia, Electre, Taygète, Astéropé, Méropé, Alcyoné et Célaeno. Ce sont les filles du Titan Atla et de Pléioné. On dit qu’elles ont été changées en colombe, puis en constellation pour se soustraire à Orion.
La constellation de la colombe date du XVIIe siècle. Elle représente la Colombe que lâcha Noé depuis l'arche lorsque la pluie cessa et que les eaux commencèrent à se retirer; sur certaines cartes anciennes, elle était d'ailleurs appelée Columba Noachi, c'est-à-dire "la Colombe de Noé". Elle revint avec le rameau d'olivier. Selon un autre mythe, c'est la Colombe qui montra aux argonautes le chemin de la mer Noire; c'est pourquoi elle est située à proximité de la constellation de la Poupe, qui faisait initialement partie du grand navire Argo.
Devenue symbole de pureté chez les Chrétiens qui l'identifient au saint-Esprit, c'était elle déjà qui, dans la Bible, apporte un rameau d'olivier à Noé à la fin du Déluge. Par ailleurs, les Chrétiens en ont choisi la forme pour représenter le St Esprit. Voilà pourquoi les Russes se sont longtemps fait scrupule de manger la chair des colombes, qu'ils regardaient comme sacrées. Autrefois, à la messe de canonisation, on offrait des colombes, comme une image de la pureté du saint. Dans l'iconographie chrétienne, deux colombes qui boivent dans un calice rappellent les vertus qu'il faut acquérir pour recevoir la Communion.
Fables :
La Colombe et la Fourmi (Jean de La Fontaine)
Le corbeau
Dans le foyer originel des Indo-européens, le corbeau sillonnait le ciel, le marquait de sa forme noire: il était l'épiphanie de plusieurs divinités, aux traits bien spécifiques. Son symbolisme est dual: il est lié à la sagesse, la prévoyance et la clairvoyance, d'une part, à la mort et à la destruction, d'autre part. Ses particularités font de lui un animal solaire et, en même temps, nocturne. C'est donc pour cette raison qu'il est souvent associé au loup, qui possède des caractéristiques analogues.
Dans la mythologie grecque, le caractère solaire de cet animal symbolique se manifeste dans le fait qu'il est le messager d'Hélios-Apollon et qu'il est lié à Chronos, à Athéna et à Askleipios-Esculape. Les corbeaux ont prédit la mort de Platon, comme, à Rome, ils ont prédit celles de Tibère et de Cicéron.
Coronis était enceinte d'Apollon quand elle prit pour amant un arcadien du nom d'Ischys.
Apollon avait laissé un corbeau blanc pour la protéger qui vint l'avertir de son infortune. Le pauvre corbeau fut maudit et depuis ce jour là son plumage devint noir.
Un jour, Apollon envoya le corbeau lui chercher un verre d'eau. Mais à son habitude, ce dernier traîna en chemin en mangeant des figues tout en cherchant querelles à l'Hydre avec qui il aimait à se disuter. Lorsqu'il revint avec la coupe et Hydra entre ses griffes il s'excusa de son retard en prétextant que Hydra l'avait attaqué. Mais Apollon savait bien que ce n'était pas vrai..., et, d'un geste de colère, il envoya la coupe et le corbeau dans le ciel. C'est aussi pourquoi on peut voir l'Hydre (encore une autre constellation) à l'est de nos deux amis, Apollon lui a ordonné d'empêcher le corbeau d'atteindre la coupe
Le corbeau, revêt une importance toute particulière dans les mythologies scandinave-germanique et celtique. Chez les Germains, les corbeaux sont sacrés et liés au dieu Wotan-Odin; les deux corbeaux de ce dieu, Huginn et Muninn (la "pensée" et la "mémoire"), volent de par le monde, recueillent toutes les informations intéressantes et reviennent chez leur Maître, dieu souverain, pour en référer. Huginn et Muninn suivent également Odhinn dans la chasse sauvage.
Dans la mythologie celtique, les corbeaux sont consacrés tant au dieu Lug-à-la-longue-lance qu'à Morrigan, déesse de la fureur guerrière et de la mort au combat.
Dans un mythe gallois, Owein est un héros "souverain des corbeaux" et il rencontre et affronte la suite du Roi Arthur.
La diffusion de la symbolique du corbeau dans les aires germanique et celtique a conduit à sa présence importante dans l'héraldique, où on le confond toutefois assez souvent avec la corneille.
Autre donnée importante: le corbeau est associé aux yeux, non seulement parce qu'on lui attribue une capacité de clairvoyance, mais aussi parce que les yeux des morts sont son premier repas quand il se pose sur un champ de bataille. On attribue également à ses yeux des vertus médicamenteuses. L'association ¦il/corbeau est une symbolique typique de la première fonction souveraine dans les mythologies indo-européennes. L'¦il et le corbeau représentent en effet la fonction magique/religieuse, comme le prouve son association aux dieux Odhinn et Lug, tout comme les yeux occupent une fonction de premier plan dans la hiérarchie symbolique du corps humain.
Fables :
Le Corbeau et le Renard (Jean de La Fontaine) * voir les différentes versions
Le Corbeau voulant imiter l'Aigle (Jean de La Fontaine)
Le Corbeau, la Gazelle, la Tortue et le Rat (Jean de La Fontaine)
Le coucou
Zeus rechercha sa soeur jumelle Héra à Cnossos en Crète, où il la courtisa, d'abord sans succès. Mais elle eut pitié de lui lorsqu'il adopta le déguisement d'un coucou mouillé et elle le réchauffa tendrement dans son sein. Il reprit alors aussitôt sa véritable apparence. Ils se marièrent.
A Argos, on voyait sur un trône la statue de Héra (Junon), d'une grandeur extraordinaire, toute d'or et d'ivoire : elle avait sur la tête une couronne au-dessus de laquelle étaient les Grâces et les Heures. Elle tenait d'une main une grenade, et de l'autre un sceptre, au bout duquel était un coucou, oiseau aimé de la déesse.
Le cygne
Les cygnes étaient les oiseaux préférés de Vénus, déesse de l'Amour. Considérés comme magiques, pouvant également prédire l'avenir, ils sont le symbole de la loyauté et de l'amour.
Léda, femme de Tyndare, roi de Sparte, lui a donné quatre enfants, les deux jumeaux Castor et Pollux, Clytemnestre et Hélène. Mais Hélène et Pollux étaient en réalité les enfants de Zeus. Selon l'une des versions de la légende, Zeus visita Léda sous la forme d'un cygne et Léda pondit un œuf, d'où sortirent les deux enfants divins
Il existe deux principales légendes pour expliquer l'origine de la Voie Lactée :
La première fait référence à la trace laissée par un incendie qui subsiste dans le Ciel et qui constitue la Voie lactée. Cet incendie fut provoqué par Phatéon qui un jour emprunta le chariot de feu de son père Hélios, afin de prouver à tous ses origines divines. Mais pendant sa démonstration, il mis le feu sur la Terre ainsi qu'à la voûte céleste. Zeus, très fâché, le précipita dans l'Eridan après l'avoir foudroyé. Mais Cnidus, ami de Phaéton, supplia Zeus de lui pardonner et de le sauver. Alors Zeus plaça Cnidus dans la Voie Lactée, comme symbole de l'amitié fidèle. On peut encore le voir sous la forme de la constellation du Cygne dans les vestiges de l'incendie provoqués par son ami Phaéton. On dit aussi que Cygnus tait un héros Troyen tué par Achille et transformé en un Cygne blanc par son père Poséidon et placé dans le Ciel.
Dans la mythologie finlandaise, le cygne est le gardien de la Terre des Morts.
Fables :
Le Cygne et le Cuisinier (Jean de La Fontaine)
Version d'Ésope :
Dans une ménagerie De volatiles remplie Vivaient le Cygne et l’Oison : Celui-là destiné pour les regards du maître ; Celui-ci, pour son goût ; l’un qui se piquait d’être Commensal du jardin ; l’autre, de la maison. Des fossés du château faisant leurs galeries, Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur l’onde, et tantôt se plonger, Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies. Un jour le Cuisinier, ayant trop bu d’un coup, Prit pour oison le Cygne ; et le tenant au cou, Il allait l’égorger, puis le mettre en potage. L’oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage. Le Cuisinier fut fort surpris, Et vit bien qu’il s’était mépris. « Quoi ? je mettrais, dit-il, un tel chanteur en soupe ! Non, non, ne plaise aux Dieux que jamais ma main coupe La gorge à qui s’en sert si bien ! » Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe Le doux parler ne nuit de rien.
Le faucon
Mythologie :
Indra : En Inde, Dieu qui prenait souvent l'apparence d'un faucon. Il apporte aux hommes la nourriture goûtée par les dieux et prend dans ses serres la lumineuse ambroisie par laquelle la vie est prolongée et les morts ressuscités. Il sera atteint dans les airs par l'archer Kriçanu qui abat l'une de ses serres et quelques plumes. Les serres donneront naissance aux hérissons et les plumes deviendront des arbres.
Horus : Fils d'Osiris et d'Isis avec lesquels il constitue une triade. Ce dieu est dédoublé en Horus l'Enfant (chez les grecs Harpocrate) représenté comme un enfant nu suçant son pouce et Horus le Grand dieu à tête de faucon portant sur celle-ci le disque solaire. Il est le dieu protecteur des pharaons, mais aussi le patron d'un très grand nombre de lieus de haute et basse Egypte.
Mantou : Dieu guerrier à tête de faucon, il est l'époux d'une divinité solaire mal connue "le soleil femelle des deux terres".
Athéna : Dans l'Iliade, elle descend du ciel sous l'aspect d'un faucon lançant un cri perçant afin d'amener Achille au combat.
Turul : Oiseau totémique de la famille du prince Arpad identifié comme étant le faucon gerfaut. Ce Turul est l'emblème du chef des envahisseurs hongrois de la Slovaquie : Arpad mort en 907.
Turul redevint l'emblème de la nation pendant la période nationaliste et romantique.
Attila : Le faucon était l'insigne militaire d'Atilla. Emesu, la mère d'Atilla, vit en rêve un faucon qui lui prédit un avenir heureux.
Fables :
Le Faucon et le Chapon (Jean de La Fontaine)
Le Milan, le Roi et le Chasseur (Jean de La Fontaine)
Le hibou
Superstitions :
Il est comme la chouette présage de stérilité et de mort.
Le hibou est, en Alsace, le messager de la mort ; s'il fait entendre son cri près de la chambre d'un malade, il n'y a plus d'espoir de guérison.
Cloué à la porte d'une grange, il éloigne les rats.
En Normandie, on faisait manger aux ivrognes une omelette d'œufs de hibou pour leur rendre la raison.
Fables :
L'Aigle et le Hibou (Jean de La Fontaine)
Maître hibou, débutant son cours,
Eu fort à faire devant son assemblée,
- Aujourd'hui, la leçon du jour...
Il n'y avait plus personne pour l'écouter.
- La saison de chasse est ouverte,
J'ai repéré quelques laissées,
Dit le loup, avide de sanglier.
- Encore, pour sur, votre langue verte,
Qu'est-ce encore que ce mot, demanda l'équidé ?
- Vous avez bien vu, c'est comme votre crottin
Mais à chaque animal, il faut donner le sien.
Comme cette chiure de mouche, posée sur votre nez.
- C'est la géographie que vous devez étudier
Et qui peut me dire céans, la capitale de la Colombie ?
- Un colombin je peux, répliqua l'épervier,
C'est la que l'on reconnaît le passage des perdrix.
- Sot que vous êtes, vous ne connaissez point Bogota
Vous vous croyez malin, mais vous marquez le pas.
- Qui pourrait me donner, un chef-lieu de canton,
Qui se trouverait, tenez, pourquoi pas dans la Gironde ?
Personne ne dit mot, mais qui connaît le monde ?
- Alors, on ne sait pas, vous rabaissez le ton ?
Le Bouscat, par exemple, fit fièrement l'oiseau.
- La bouse, ça je sais, dit l'ours, un drôle décimant les troupeaux,
Le caca, fit l'oie, j'en fais de fameuse couleur.
- Il suffit ! Et quel lac est tapi au fond de l'Arménie ?
Allons, parlez, manifestez, répondez sans peur,
Personne ne connaît Sevan, pas plus que l'Italie !
S'il est un sujet que vous possédez, somme toute,
C'est parler, à l'envi, des crottes de souris,
Des fientes et du guano, car comme tout français sans doute,
Vous êtes bien plus fort en fèces, qu'en géographie.
L’hirondelle
Chez les celtes.
L'hirondelle est représentée dans le domaine mythique celtique par le nom de Fand, épouse du dieu de la mer Manannan. Tombée amoureuse de Cùchulainn, elle l'invite dans l'Autre monde et il passe un mois auprès d'elle. Puis il l'abandonne et est repris par sa femme Emer. Avec beaucoup de mélancolie Fand retourne alors vers son mari, qui est revenu la chercher.
Un autre personnage mytique du panthéon celtique est Fandle, l'un des trois fils de Nechtan-Soene, tué par Cùchulainn lors de sa première expédition sur la frontière de l'Ulster Fandle, d'une extrême légèreté combattait au-dessus de l'eau.
Dans cette mythologie celtique, l'hirondelle apparait liée à un symbolisme de la fécondité et de l'alternance
En Chine
Comme le rapporte Lie-Tseu, on pensait que les hirondelles disparaissaient à l'automne, au fond de l'eau pour y passer l'hiver, elles s'y transformaient en coquillages, puis redevenaient hirondelles, en accompagnant le mouvement ascendant du soleil. On faisait même correspondre à l'arrivée et au départ des hirondelles, la date exacte des équinoxes. Le jour du retour des hirondelles, était l'occasion de rite de fécondité. Plusieurs légendes rapportent la fécondation merveilleuse de jeunes filles par l'ingestion d'oeuf d'hirondelle, (histoire de Hien-Ti, histoire de la famille Chang dont descendait Confucius). Confucius n'en n'est pas moins si l'on ose dire, le fils de l'hirondelle.
En Chine toujours, des galettes en forme d'hirondelles étaient fixées au-dessus des portes, l'hirondelle paraît d'ailleurs se confondre ici avec un autre oiseau du printemps qui pourrait être le loriot
De la Méditerranée au Gange
Légende de l'Attique : Pandion, roi de l'Attique, épousa une naïade, nommée Zeuxippé, et en eut deux garçons, Erechté et Boutès, et deux filles, Philomèle et Procné.
Au temps où régnait Pandion, le roi de Thèbes était Labdacos, et, ainsi qu'il arriva très souvent aux temps historiques, la guerre avait éclaté entre les gens de l'Attique et les Béotiens.
Pandion sollicita l'alliance d'un roi de Thrace, Térée, qui était fils d'Arès, et, pour sceller l'alliance, lui donna en mariage sa fille aînée, Procné.
Bientôt celle-ci eut de son mari un fils, nommé Itys. Mais Procné s'ennuyait, en Thrace, loin d'Athènes, et elle voulut faire venir auprès d'elle sa soeur Philomèle. Térée y consentit et partit chercher la jeune fille. Mais, pendant le voyage, il devint amoureux de celle-ci et lui fit violence. Puis, pour l'empêcher de se plaindre à sa soeur, il lui coupa la langue. Mais Philomèle imagina un moyen de se faire entendre; sur une tapisserie, elle broda l'histoire de la violence qui lui avait été faite.
Procné décida de la venger. Pour cela, elle tua Itys, son propre fils, le fit bouillir, et donna cette chair à manger à Térée. Après quoi, elle s'enfuit avec sa soeur.
Lorsqu'il sut ce qu'avait fait sa femme. Térée saisit une hache et se lança à la poursuite des deux soeurs. Il les rejoignit à Daulis, en Phocide.
Mais Philomèle et Procné, en le voyant arriver, implorèrent les dieux, qui eurent pitié d'elles et les transformèrent en oiseaux. Procné devint un rossignol et Philomèle une hirondelle. Térée fut lui aussi métamorphosé et devint une huppe.
En Afrique
Pour les Bambaras du Mali, l'hirondelle est un auxiliaire, une manifestation, du démiurge Faro, maître des eaux et du verbe et de l'expression suprême de la pureté, par opposition à la terre originellement souillée. L'hirondelle doit son rôle important au fait qu'elle ne se pose jamais sur la terre; elle est donc exempte de souillure.
C'est elle qui recueille le sang des victimes des sacrifices offerts à Faro, pour l'emporter dans les espaces supérieurs, d'où il redescendra sous forme de pluie fécondante.
Elle joue donc un rôle de véhicule dans le mécanisme cyclique de la fécondation de la terre; mais aussi dans la fécondation de la femme, par l'intermédiaire du jus de la tomate sauvage qu'elle apporte également au ciel. (Note : l'hirondelle ne construit pas de nid durant son séjour en Afrique, on ne l'y voit donc jamais à terre).
L'hirondelle est le symbole du renoncement et de la bonne compagnie dans l'Islam. Chez les Persans, le gazouillement de l'hirondelle sépare les voisins et les camarades, elle signifie solitude, émigration, séparation, sans doute à cause de sa nature d'oiseau migrateur.
Fables :
L’Hirondelle et les petits oiseaux (Jean de La Fontaine)
Philomèle et Progné (Jean de La Fontaine)
L’Araignée et l'Hirondelle (Jean de La Fontaine)
L’oie
L’oie a gagné sa réputation de druidesse initiatrice en révélant le secret du fer aux atlantes* de l’âge du bronze : nos vieilles coutumes franques nous racontent que nos ancêtres réduisaient le fer en petits morceaux, le mélangeaient à du son, et le donnaient à manger à un troupeau d’oies soigneusement gardées. Leurs excréments, riches en fer et en azote, étaient utilisés pour forger leurs célèbres lames.
Chez les Nordiques, l’oie est vouée à Frau Hole/ Berchta qui est d’ailleurs figurée avec des pattes d’oie : c’est donc une Reine Pédauque. Cette “patte d’oie” ou Rune de vie qui est la marque de Shiva, a vu son sens inversé par l’Église qui l’utilisait comme marque infamante : elle était apposée au fer rouge sur les hérétiques, les Caignards.
Le dieu Égyptien de la Terre, Geb, dont l’hiéroglyphe est dérivé de celui de l’oie sauvage, est souvent représenté avec une oie sur la tête, ou sous la forme d’un jars dont la femelle, l’oie fécondée, pond l’Œuf du Soleil.
Elle est restée chez les Bretons la “messagère” de l’autre monde et, au Pays de Galles, les cris des oies sont censés être ceux de Cwn Annw “les chiens courants des enfers”.
Une grande partie de ces données appartient aussi à la Grue qui rassemble l’essentiel de la symbolique de la famille de ces échassiers “conducteurs”.
Zeus a longtemps poursuivi Némésis pour ses assiduités amoureuses. Finalement ils s'unissent : Zeus sous l'aspect d'un jars et Némésis sous l'aspect d'une oie. De l'oeuf pondu naissent selon des versions Hélène et les Dioscures.
Les oies du Capitole : Les Gaulois, pénètrent jusqu'au centre de l'Italie et balayent l'armée Romaine envoyée contre eux. Les Gaulois, sous les ordres de Brennus, assiègent Rome et seules, les hauteurs du Capitole résistent pendant sept mois. Les assiégeants conduisent de nombreuses attaques et c'est pendant l'une d'elles que les Oies sacrées du Capitole réveillent juste à temps les soldats Romains endormis. A la fin les Gaulois abandonnent le siège contre une rançon en or qu'ils ne peuvent en fait emmener avec eux, car ils sont dispersés par une intervention vigoureuse des Romains conduits par Camille.
Le paon
A la création du monde, les paons avaient un plumage brun et terne. Seule l'impressionnante longueur de leurs plumes les différenciaient de leurs femelles.
Un beau jour, un paon aperçut Indra courant comme si un malheur terrible le poursuivait et il lui en demanda la raison. Indra lui répondit qu'en effet, il fuyait le terrible Râvana et que malgré sa force et ses armes il ne voulait pas prendre de risques.
Râvana arrivant à toute vitesse pour combattre le Dieu, le paon déploya rapidement ses plumes pour y cacher Indra. Râvana continua alors sa course sans rien remarquer.
Une fois le danger écarté, pour remercier le paon, Indra lui offrit un plumage aux merveilleuses couleurs et dès lors, on dit que les cris perçant de l'oiseau annoncèrent l'orage.
Oiseau consacré à Héra (Junon) : Elle est la reine des dieux, Déesse du Mariage. Elle est parfois représentée avec un Paon et une Grenade.
ARGUS : Ce berger se vit confier par Héra la garde d'Io que Zeus avait transformé en génisse. Argus était couvert d'yeux sur tout son corps. Zeus envoya Hermès pour le tuer. Après la mort d'Argus, Héra mit ses cent yeux sur la queue du paon.
Fables :
Le Geai paré des plumes du Paon (Jean de La Fontaine)* voir les différentes versions
Le Paon se plaignant à Junon (Jean de La Fontaine)
Le Paon et la Grue (Ésope)
Un paon se moquait d'une grue; il raillait sa couleur : "Moi, je suis vêtu d'or et de pourpre, toi, tu portes un plumage sans beauté. - Seulement moi, répondit la grue, je chante parmi les étoiles et mon vol me porte dans les hauteurs; toi, pareil à un coq, tu marches en bas avec la volaille."
Plutôt la gloire en haillons que le déshonneur dans le faste.
LA PERDRIX
Symbole de beauté et de grâce féminine, elle était un puissant symbole de fécondité car on disait qu’elle pouvait concevoir simplement en entendant la voix du mâle, en voyant son vol ou en sentant son odeur ! Voilà qui nous fait penser à la célèbre caille d’Heraklès…
La perdrix est consacrée au héros solaire crétois Thalos/ Soleil qui fut jeté d’une falaise par son oncle Dédale.
Euphronios Delphyné nous dit un jour que : « La perdrix a un chant aussi “lassant que la scie”, et pas musicale du tout ! Scie dont la mythologie nous dit qu’elle fut inventée par le neveu de l’ingénieux Dédale, un nommé Perdix, qui l’imita des dents du serpent. Mais ce Dédale à l’esprit labyrinthique était “jaloux” de son inventif neveu et il le précipita du haut de la falaise sans ailes ce qui est peu sage quand on a la chance d’avoir dans sa famille quelqu’un digne de soi. Heureusement la sage Assina qui passait “par hasard” dans cette fabrique de cercueil, le transforma en perdix “perdrix” pour les funérailles d’Icare à qui le vol de falaises n’avait pas réussi non plus. Il put ainsi aller scier partout ! »
Mais tout ceci est très littéraire et fort peu sage : en fait, il doit s’agir du « retricottage » d’un ancien mythe car on dit que “la perdrix doit son origine à une chute, ce qui corrobore la légende selon laquelle elle aurait manifesté une joie indécente aux funérailles d’Icare, lui-même victime d’une chute “spectaculaire”.
Car, « on sait tous très bien qu’il y a des gens qui rient dans les enterrements, et ce genre de rire nerveux est un peu sciant.
Fables :
La Perdrix et les Coqs (Jean de La Fontaine)
Le Lièvre et la Perdrix (Jean de La Fontaine)
Version de Phèdre :
Il ne se faut jamais moquer des misérables:
Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux?
Le sage Ésope dans ses fables
Nous en donne un exemple ou deux.
Celui qu'en ces vers je propose,
Et les siens, ce sont même chose.
Le Lièvre et la Perdrix, concitoyens d'un champ,
Vivaient dans un état, ce semble, assez tranquille,
Quand une meute s'approchant
Oblige le premier à chercher un asile:
Il s'enfuit dans son fort, met les chiens en défaut,
Sans même en excepter Brifaut.
Enfin il se trahit lui-même
Par les esprits sortants de son corps échauffé.
Miraut, sur leur odeur ayant philosophé,
Conclut que c'est son Lièvre, et d'une ardeur extrême
Il le pousse; et Rustaut, qui n'a jamais menti,
Dit que le Lièvre est reparti.
Le pauvre malheureux vient mourir à son gîte.
La Perdrix le raille, et lui dit:
« Tu te vantais d'être si vite!
Qu'as-tu fait de tes pieds?» Au moment qu'elle rit,
Son tour vient; on la trouve. Elle croit que ses ailes
La sauront garantir à toute extrémité;
Mais la pauvrette avait compté
Sans l'autour aux serres cruelles
LE PIC
Le Pivert, par son chant plaintif implore la pluie. Les Anglais l’appellent d’ailleurs rain bowl et les Romains pluvis avis alors que chez nous on le nomme “procureur des meuniers” parce que les pluies sont bénéfiques à leur activité.
Les Nordiques actuels l’appellent l’oiseau de Gertrude : selon cette légende chrétienne, elle aurait refusé de faire cuire du pain pour “Dieu” et pour saint Pierre et pour cela fut métamorphosée en pivert.
En Grèce : le pic était considéré comme pyrogène par les Grecs qui l’appelaient pelekan, ce qui est aussi le nom de la montagne de Prométhée et, par là, il est donc relié au mythe sur l’origine du feu inséparable de la foudre, de l’orage et de la pluie.
Les Sabins dont on connaît surtout les accortes filles enlevées par les Romains, restèrent longtemps alliés aux Gaulois et à Pyrrhus contre Rome. Leurs enseignes étaient surmontées du Pic, lequel a donné son nom à leur province, le Picenum.
Métamorphose du roi Picus lui-même, cet oiseau prophète – c’est-à-dire “interprète” des Dieux – était utilisé dans les rites oraculaires dans lesquels il prévoyait les tempêtes et les orages et c’est pourquoi Picus, devenu l’Aigle romain, tient en ses pattes les foudres de Jupiter !
Oiseau sacré de Mars, symbole de protection, “il indiqua par son vol où étaient cachés les deux petits Rémus et Romulus qu’il nourrissait en secret”.
La pie
Pour les Chinois, le pont sur la voie lactée qui permet à la Tisserande et au Cortège Nuptial de rejoindre le Bouvier, a été fait par les Pies.
L’aspect noir et blanc des pies en fait un symbole du “passage” et il est curieux de constater que les vêtements à “pans” de cérémonie ont conservé ces couleurs ainsi que la “queue de pie”.
On disait en Thrace que “les Piérides qui chantaient divinement, ou Péritios, étaient les habitants de l’Atlantide mais Ovide rapporte que “c’était neuf jeunes filles qui tentèrent de rivaliser avec les Muses : ayant perdu à un concours de chant (car personne de pouvait égaler les Sirènes-oiseaux d’Atlantide!), elles furent changées en pies” dont Sébillot nous dit qu’autrefois « elles avaient un vêtement d’une richesse incomparables avec une aigrette sur la tête et une queue aussi splendide que celle du paon”. Et, c’est depuis cette punition que les pies jacassent.
Selon une légende bretonne “C’est la Pie qui apprit au forgeron à souder le fer : voyant qu’il n’y arrivait pas, elle lui cria « Mets de l’argile ! », il se fâcha tout d’abord contre cet oiseau bruyant qui l’agaçait dans sa tentative infructueuse, énervante, puis il suivit son conseil et le fer se souda parfaitement !”.
La Pie était consacrée à Dionysos/ Bacchus, le dieu du renouveau (on lui immolait la pie, parce que le vin délie les langues, et rend les buveurs indiscrets ; le bouc et le lièvre, parce qu'ils mangent les bourgeons de la vigne), et, symbole de l’année nouvelle, elle fut conservé par le folklore allemand des superstitions post chrétiennes qui rapporte “qu’elle doit être tuée entre Noël et l’Epiphanie” comme le Vieux Soleil. Mais, en fait, “en tuer une porte malheur car elle prévient de l’approche du loup” ! Ceci, joint à son “ancien plumage”, nous remémore le coq nordique Gullinkambi, “crête d’or” qui, lors du cataclysme du Ragnarök, avertit les dieux de l’arrivée de Fenrir ! Est-ce pour cela qu’en Poitou-Saintonge, “pour la remercier d’être vigilante et l’inciter à le demeurer, on lui offrait une crêpe le jour du carnaval, voire même la dernière javelle des moissons” ?
On dit dans les Côtes d’Armor que “le Coq-Pie – qui naît d’un œuf de poule couvé par une pie – chante toutes les heures si régulièrement qu’il peut servir d’horloge”.
Le folklore hongrois a conservé la trace dans la légende selon laquelle : “la pie dut apprendre au pigeon à faire son nid, mais comme il répliquait à chacune de ses explications « Je sais, je sais… », elle le laissa en plan !”…
Pour finir, passons par la Chine : « La fille de Yen-Ti, roi du feu, se transforma en pie et monta au ciel après l’incendie de son nid, ce qui est une apothéose d’Immortel taoïste, en quoi la pie joue un rôle analogue à celui de la grue. ».
Fables :
L’Aigle et la Pie (Jean de La Fontaine)
Le Roitelet
C’est l’oiseau sacré des druides. Sa plume portait chance aux marins.
À Rome, ce “petit roi des oiseaux” – car un jour il vola plus haut que l’aigle – était le préféré des augures.
Dans l’Église : « Dans plusieurs régions de France, un oiseau était lâché dans l’église lors de la messe de Noël. Capturé quelques jours auparavant par les garçons du village, il était solennellement porté au bout d’une perche, et présenté vivant au prêtre qui le bénissait, le détachait et lui rendait la liberté. L’oiseau voletait dans l’église avant de s’échapper par la porte laissée ouverte. On y voyait un symbole de Délivrance et de Joie mais ce geste ne faisait que répéter une très ancienne fête* commune à beaucoup de villes de France.
Dès le Moyen Âge on avait en effet coutume de lâcher des oiseaux dans les églises pour le sacre des rois ou plus simplement lors de l’entrée solennelle d’un souverain dans la capitale. Les oiseleurs du Pont-au-Change, sur l’ordre de Charles VI, ouvrirent ainsi les cages de quatre cents oiseaux dans le chœur de Notre-Dame.
En Provence, cette cérémonie conserve encore aujourd’hui le nom de Pétouso qui est celui de l’oiseau choisi, le roitelet ou plus exactement le troglodyte qui est le plus petit des oiseaux européens.
Luttant contre ces superstitions , l’Église fit alors de notre royal oiseau la victime des chasseurs et des jeunes gens qui, lors de la fête du roitelet se déroulant à Carcassonne et à La Ciotat, couronnaient chaque 1er janvier “Roi du Roitelet” le premier à en tuer un. Ce souverain d’un jour avait droit à certains égards : à Carcassonne, décoré d’une croix de Malte et doté d’un sceptre se rendait le 6 janvier avec ses compagnons à la messe de l’église Saint-Vincent puis allait souhaiter la bonne année aux magistrats municipaux.
Mais, sans doute, s’agissait-il des restes d’un vieux rite car, autrefois, le roitelet était rituellement mis à mort chaque année comme “substitut du condamné voué aux Dieux” dans lequel nous verrons le “vieux roi de l’an qui meurt”, sacrifié en signe de lustration…
Cependant, pour un Normand, en tuer un aurait attiré sur sa maison le feu du ciel !
Le rossignol
Chez nous le rossignol était l’inspirateur des druides
Chez les Grecs, il était celui d’Apollon dans son rôle de musicien. C’est un aédon, un aéde, c’est à dire un “chantre”. Et, s’il chante si mélancoliquement la nuit (allemand Nachtigall, anglais nightingale, italien usignolo), c’est parce qu’il est la métamorphose de Procné, la première femme de Térée à laquelle celui-ci avait coupé la langue pour qu’elle se taise sur son faux veuvage et sa bigamie familiale…
Dicton : “Plus le rossignol chante en Mai, plus belle sera la récolte !”
Fables :
Philomèle et Progné (Jean de La Fontaine)
Le Milan et le Rossignol (Jean de La Fontaine)* voir les différentes versions
LE ROUGE-GORGE
C’est lui qui apporta le “premier feu” aux habitants des Îles anglo-normandes et les Bretons d’Armorique disent qu’il apporta le premier grain de blé en Domnonée.
Dans le Loiret, une curieuse coutume voulait qu’on tue un rouge-gorge mâle le jour de la Chandeleur pour l’embrocher sur une baguette de noisetier qui devait se mettre à tourner toute seule.
Cette fonction “solaire”, bien digne d’un “petit-roi”, d’un Dieu-Fils donc, en faisait le symbole de la volupté au Moyen Âge mais, sous l’influence de l’Église castratrice, Jéronimus Bosch en fit dans sa peinture symboliste et quelque peu surréaliste celui de la luxure…
Le vautour
Mythologie :
Dans la mythologie indo-européenne, le vautour était un oiseau psychopompe, il " conduisait les âmes " en migration vers l’empyrée, selon le cycle des réincarnations. De là son rôle d’augure, qui permettait aux prêtres de prédire l’avenir en observant ses évolutions.
De grandes civilisations, de l’Asie à l’Europe centrale, confiaient aux vautours le soin de faire disparaître les cadavres humains, plutôt que de polluer directement les quatre éléments de la nature en se débarrassant des morts par enterrement, incinération, immersion, ou par décomposition à l’air libre.
On connaît encore quelques groupes qui pratiquent ces funérailles " astrales " où les vautours sont chargés d’engouffrer proprement les corps qui leur sont livrés, et de ne laisser au sol que des os purs et nets.
Nous touchons ici l’un des domaines sensibles où s’expriment les convictions profondes d’un peuple, et son rapport au monde visible et invisible.
Pour un Grec du temps d’Homère, la mort sans sépulture ni stèle représentait le suprême outrage. Abandonner sur le champ de bataille le corps des combattants à la diligence des charognards déshonorait un chef à jamais.
Il va sans dire que cette attention ne portait que sur les dépouilles des citoyens, la piétaille n’entrait pas en compte.
Animal favori de Mars
Mout : Déesse, mère de Thèbes. Représentée sous la forme d'un vautour ou d'une femme coiffée du double diadème. Elle est l'épouse d'Amon et personnifie les eaux fécondantes du Nil.
Nekkbet : Déesse d'Hiérakonpolis. Représentée par un vautour planant au-dessus du pharaon.
Neophron :
Voici l'histoire de Neophron telle que nous l'a transmise la mythologie grecque :
Timandre, amante d'Aigypios, a un fils nommé Neophron. Neophron, jaloux d'Aigypios, décide de se venger de ce dernier et s'arrange pour que, abusé, croyant être avec sa maîtresse, le malheureux s'unisse avec sa propre mère, Anthée. Boulis, le père de Neophron, mis au fait de ce scandale, furieux, veut arracher les yeux de son fils.
Zeus, prend cependant pitié de tous ces humains et les change en oiseaux : Aigypios et Neophron en vautours, Boulis en plongeon et Timandre en mésange.
Les oiseaux du lac Stymphale : Dans la région du lac Stymphale, en Arcadie, une épaisse forêt abritait des nuées d'oiseaux qui avaient fui autrefois devant une invasion de loups. Ils dévoraient tous les fruits et attaquaient même les passant. Eurysthée ordonna à Héraclès de les détruire. Pour les forcer à quitter leur forêt, celui-ci recourut à des castagnettes de bronze que lui donna Athéna, et qui était l'œuvre d'Héphaïstos. Au bruit, les oiseaux s'envolèrent et Héraclès les tua avec ses flèches.
Selon une autre version, ces oiseaux étaient des vautours qui dévoraient même les hommes. Leurs plumes étaient d'acier et ils les lançaient sur leurs victimes et les transperçaient.
Superstitions :
Oiseau divinatoire, il ne tue jamais ; il dévore les cadavres abandonnés et, en tant que tel, annonce partout la mort.
Selon Pline l'Ancien, il sent la mort trois jours à l'avance.
Lorsqu'il plane au-dessus d'une maison, il annonce une mort proche.
Les plumes de vautour brûlées éloignent les serpents.
Son cœur repousse le Diable.
Fables :
Les Vautours et les Pigeons (Jean de La Fontaine)
A Propos des fables
La première fable connue est « Le rossignol et l'épervier », que raconte Hésiode, aux alentours du VIIIe siècle, dans Les travaux et les jours. On y voit un pauvre rossignol pris dans les serres d'un épervier qui, en plus, lui fait la leçon. Cette fable vise à faire réfléchir sur la notion de justice, à l'aide d'un raisonnement antithétique où le personnage principal exploite outrageusement sa position de force.
Version d'Ésope :
Un rossignol perché sur un chêne élevé chantait à son ordinaire. Un épervier l’aperçut, et, comme il manquait de nourriture, il fondit sur lui et le lia. Se voyant près de mourir, le rossignol le pria de le laisser aller, alléguant qu’il n’était pas capable de remplir à lui seul le ventre d’un épervier, que celui-ci devait, s’il avait besoin de nourriture, s’attaquer à des oiseaux plus gros. L’épervier répliqua : « Mais je serais stupide, si je lâchais la pâture que je tiens pour courir après ce qui n’est pas encore en vue ».
Cette fable montre que chez les hommes aussi, ceux-là sont déraisonnables qui dans l’espérance de plus grands biens laissent échapper ceux qu’ils ont dans la main.
La fable se développera surtout sous le nom d'Ésope, qui aurait vécu au VIe siècle avant notre ère et qui est considéré comme « le père de la fable ».
A l’époque classique, Socrate lui-même aurait consacré ses moments de prison avant sa mort à mettre en vers des fables d'Ésope. Il s'en serait expliqué de la façon suivante: «Un poète doit prendre pour matière des mythes [...] Aussi ai-je choisi des mythes à ma portée, ces fables d'Ésope que je savais par cœur, au hasard de la rencontre».
Démétrios de Phalère publie le premier recueil de fables historiquement attesté. Ce recueil, perdu, a donné naissance à d'innombrables versions. Une de celles-ci a été conservée sous la forme d'un ensemble de manuscrits datant probablement du Ier siècle de notre ère, appelée Augustana. C'est à cette collection, en réalité, que l'on réfère lorsqu'on parle aujourd'hui des «fables d'Ésope».
De la Grèce, la fable passe à Rome. Horace propose une remarquable adaptation du « Rat de ville et du Rat des champs » (Satires) que certains critiques estiment supérieure à la version de Jean de La Fontaine. Il sera suivi par Phèdre qui va véritablement faire de la fable un genre poétique.
Empruntant des sujets à Ésope, Phèdre ou à d'autres modèles, Jean de la Fontaine donne à ses petits récits une vie intense et un tour plaisant; on y retrouve l'habile et malicieux narrateur des Contes. Quant à la morale, elle n'en est pas dogmatique: La Fontaine enrichit les préceptes traditionnels de ses réflexions personnelles et de son expérience de la vie. Sans pour autant être sa seule création, les Fables resteront incontestablement son chef-d'œuvre.
Des exemples de comparaison de la même fable par ces différents auteurs en pdf .
D’autres fables ? :
Ésope / La Fontaine : http://ysopet.free.fr
Phèdre : http://visualiseur.bnf.fr et http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/
J de la Fontaine : http://www.jdlf.com/ et http://www.lafontaine.net/